Spirales urbaines, poésies, Editions Chloé des Lys, 2013

 

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Spirales urbaines exemplaire test 005 (2)

 

 

 

Une fiche de lecture signée Eric Allard pour Spirales Urbaines de Carine-Laure Desguin

 

 

 

 

Liberté de la poésie

 

 

Métissée et généreuse, musicale et colorée (musicolore, écrirait-elle),  la poésie de Carine-Laure Desguin utilise toutes les ressources du langage et du savoir (même si c’est pour s’en moquer) pour parler des humains et des lieux où ils vivent, notamment dans les « tissus des villes » qui renferment un « patchwork de rues et de ruelles », comme Charleroi visité par Rimbaud, à qui elle dédie nommément un poème.  

 

Elle emprunte aux éléments du cosmos pour décrire les autres, à la course des étoiles pour dessiner leur géométrie intérieure.

 

Même au sol, sans abri, exilés, oubliés de l’histoire officielle du capitalisme, ses personnages regardent vers le ciel où sont les astres, la lumière. L’aventure est là-haut, se dit l’homme barbu... d’un de ses plus beaux poèmes (Enroulé tout autour). Elle est tournée vers le haut, ce qui élève hommes et femmes, et non ce qui les rabaisse, les maintient à terre, prisonniers de leur condition...

 

Même si sa poésie décolle, en feux d’artifice d’images nombreuses, elle ne quitte pas le terrain narratif et le champ musical. Comme si les rimes et le récit lui permettaient ses envolées littéraires.

 

Elle aime à court-circuiter son propos, ne pas s’embarrasser de vocables inutiles, en ponctuant ses poèmes de néologismes, souvent des substantifs transformés en forme verbales conjuguées ou participes présents car la matière est énergie, le nom riche d’action. Exemples à l’envi : kayakaient, carabossait, kiosquant, horlogea, clochetta, wagonner, oreillant...

 

Ce sont ses jeux à t’aime avec la langue.

 

Accessoirement elle parle d’elle, jamais directement : il faut deviner les biographèmes  derrière certaines métaphores. Elle « cherche le chemin » (Les vérités se déshabillent), l’or du temps, dirait Breton, (ou du tendre) dans le creuset des images qui agissent comme une baguette magique, ou de sourcier, pour atteindre la source de son être. Elle devient alors, selon la célèbre formule de Nietzsche, ce qu’elle est. Quête, au fond, de tout poète véritable.

 

Carine-Laure a retenu la phrase de Lautréamont sur la rencontre fortuite (sur une table de dissection) d'une machine à coudre et d'un parapluie. Elle, développe la rencontre de la nacelle et du cerf volant ou celle de la tige et de l’ascenseur, fable dans laquelle on comprend que le béton l’inspire autant que la flore, que les spirales urbaines sont le reflet deshélices végétales.

 

Plusieurs textes résistent, et c’est salutaire en manière de poésie, aux tentatives d’en percer le mystère. Parce que peut-être ils touchent à ce qui motive son écriture, son existence. Ainsi ceux mettant en scène ce tampon indocile, ce guerrier des aiguilles conduisant, à travers un parcours solaire, aux éclectiques libertés.

 

Le recueil est fait de six sections d’une dizaine de poèmes chacun : Les oiseaux des villes – Transit – Les éclectiques libertés – Sans jamais se le dire – Les équinoxes flamboyantes – Grand les fenêtres

 

C’est le livre d’une guerrière du quotidien qui a pris ses quartiers sur les hauteurs d’une ville d’où elle lance ses flèches verbales en direction des assiégeants, des ennemis de tous bords, et distribue aux assiégés ses ballons d’oxygène en forme de respiration poétique. De mots chlorophyllés.

 

 

Le sujet est libre et ces vers sont là

Ils appellent il résonnent et raisonnent encore

Appellent au secours pour que ces gens-là

Respirent la vie pour chasser la mort

 (Les oubliés, C.-L. Desguin)

 

Éric Allard

http://lesbellesphrases.skynetblogs.be/archive/2013/11/01/spirales-urbaines-de-carine-laure-desguin-7973933.html?c

 

On en parle ici aussi: 

Marcelle Pâques a lu "Spirales urbaines" de Carine-Laure DESGUIN

J’ai lu l’excellent livre de Carine-Laure DESGUIN – SPIRALES URBAINES
 
    Hier dans mon jardin, j’ai lâché prise et je me suis laissée emporter avec bonheur dans les – SPIRALES URBAINES-
    le recueil de Carine-Laure DESGUIN.
    Je vous livre quelques extraits :
 
   Les tissus des villes
  
   - C’est un patchwork  de rues et de ruelles
      Elles s’engouffrent obligées au milieu des boulevards
      Et taisent aux passants aux égouts aux poubelles
      Le poids des ans la lourdeur des trottoirs-
 
      La cruauté des villes dans :
 
     Ce soir dans le brouillard
 
      - Il ne veut rien savoir des rires de ton enfance
        De tes cris de tes voyages de tout ce qui fut toi
        Du haut des escaliers il t’imagine déjà
        Il déshabille ton coeur et gifle tes silences
 
      Dans  - Enfants, chantez vos liberté ( j’ai retrouvé le côté joyeux de son roman “ Rue Baraka” que j’avais également beaucoup apprécié !)
 
      - Enfants, chantez vos libertés
        Dans les rues de la ville
        Vos aventures, réveillez-les,
        Soyez gais, grands et indociles.
 
    Dans – Monsieur qu’aimez vous de moi?  ( légèreté et sensualité);
 
    - Que ce matin de juin quand le soleil entra
       Et que la porte close
       Vous comprîtes mais pas moi
       Que cette première fois
       En attendait bien d’autres...
 
   Je ne dévoilerai pas les secrets de ...la fine et rousse moustache de – A la fontaine aux guignols -
 
  Bref ! il fait partie de ces livres qui vous happent dès que vous les ouvrez !!!
 
  A vous de découvrir ce recueil – SPIRALES URBAINES – CHLOE DES LYS -
  

 http://www.aloys.me/article-marcelle-paques-a-lu-spirales-urbaines-de-carine-laure-desguin-123185265.html